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Les Courants Littéraires dans la Tunisie Contemporaine

La Tunisie contemporaine marque son éveil avec le règne réformateur de Ahmed Bey 1er (1837-1856). L’élite intellectuelle a compris la nécessaire adaptation aux impératifs du progrès par un contact étroit avec les nations européennes prospères et entreprenantes, afin de connaitre leurs institutions, leurs langues, leurs cultures et leurs techniques. L’adoption des institutions modernes s’est traduite notamment par la création de l’Ecole de Guerre du Bardo (1838), les multiples réformes de Kheireddine -interrompues par le protectorat- puis les réalisations de l’Etat indépendant. C’est cette Tunisie contemporaine qui sera appréhendée à travers les différents courants littéraires qui ont agité son élite intellectuelle assoiffée de modernité et conscient de l’effort à fournir pour l’exploration des voies nouvelles.

L’objectif poursuivi n’est pas d’ordre philologique. Il ambitionne plutôt de déceler les motivations et les facteurs qui ont contribué à l’adoption d’une rhétorique donnée dans l’écriture par les écrivains tunisiens et à leur recours à un style déterminé, dans la formulation du poème et de la prose.

Car ce sont en effet ces données qui ont concouru à dessiner l’orientation prise par les différents courants littéraires. Leurs supports ont été, presque toujours, les journaux et les revues, les conférences et les débats dans les clubs littéraires, plus que dans les livres (la publication des livres étant rare avant l’indépendance du pays).

Lorsqu’on cherche à définir et à inventorier les courants littéraires qui sont apparus au cours de cette période, on ne manque pas de se heurter à leur multiplicité et à leur diversité. Leur éparpillement dans les journaux et les revues ou leur évanouissement sur les ondes de la radio rend la tâche plus difficile. C’est au sein de ces nouveaux médias que les courants littéraires ont trouvé la voie idéale pour exprimer les idées, les pensées et les visions sur l’essence de la littérature et son rôle. C’est particulièrement à travers l’article, le poème et l’essai que ces différents courants ont exprimé leur vision.

Celui qui examine de prés le contenu de chaque courant, constate que chacun d’eux s’appuie sur une référence précise dans l’expression poétique ou en prose avec évidemment des positions arrêtées sur la littérature mais aussi sur la langue d’écriture, l’enseignement, la pensée et la culture.

Les éléments de base de cette recherche visent l’élucidation des références de ces courant littéraires, de leurs positions sur plusieurs questions qui intéressent des domaines liés à la littérature, puisque comme l’a bien précisé l’éditorialiste de la revue Al Mabaheth : « La littérature comporte dans le plus noble de ses objectifs et la plus transcendante de ses significations deux fonctions qu’on peut résumer d’une certaine manière par la suprématie de la pensée sur les activités de l’être humain. Car c’est par la littérature que la pensée étend son empire sur les choses de la vie tantôt analysant et comprenant et tantôt concevant et agissant ». Et sans aller jusqu’à la domination de la littérature par la pensée, on peut souligner qu’il n’est pas aisé d’aborder des courants littéraires en isolant la littérature de ses principaux éléments constitutifs : spirituel, linguistique et culturel.

De ce fait, en essayant de procéder à une classification des multiples courants littéraires, je suis parvenu à en dénombrer trois ? Ce sont ceux-là au fond qui ont influencé remarquablement notre vie littéraire. Ils ont conditionné réellement, non seulement notre littérature mais aussi notre pensée contemporaine, notre culture et notre vision de la vie. De ce point de vue, les pionniers de la renaissance tunisienne  « Nahdha » et de la réforme représentent en fait, par leurs écrits, poésie ou prose, les repères à partir desquels les trois courants ont pris leur essor.

L’étude comprendra quatre volets : le premier introductif concerne la littérature de la renaissance et les trois autres traiteront successivement du courant « novateur », du courant classique et enfin du courant médian.

Ce sont des promoteurs de ces courants qui ont influencé la vie littéraire, spirituelle et culturelle dans le pays, qui ont contribué fortement à l’édification de la société tunisienne, qu’ils aient assumé ou non des responsabilités éducationnelles, politiques ou administratives. Ils sont imprégnés d’un patriotisme sincère et d’un dévouement incontestable et sont guidés par la foi en une vision précise sur ce qui doit caractériser la Tunisie nouvelle.

Par conséquent la classification ne vise nullement à déprécier ni à faire l’éloge d’un courant au dépend d’un autre mais sera un constat objectif à partir des références des promoteurs-mêmes de ces courants. Elle ne vise qu’une explication fidèle de leurs positions à partir de leurs écrits et à travers leurs déclarations, sans déformation ni altération. Une lecture de ce qui en a résulté s’impose. 

Béchir Ben Slama 

Traduction : Ridha Ben Slama Présenté par Mohamed Bennis 

Atlas Editions – 1998

About Ribens

Diplômé de l'Institut d'Etudes Politiques de Paris (Section : Relations internationales - juin 1978), se destinait à une carrière dans la diplomatie après un stage à l'Ambassade de Tunisie à Paris. Les circonstances 'hasards et nécessités- décidèrent d'un itinéraire professionnel différent. Parallèlement à de ses études à Sciences Po-Paris et à Paris II en sciences de l'information et de la communication, il entame en 1974 une exaltante aventure de correspondant à Paris ' chroniqueur (quotidiens & hebdomadaires tunisiens) qu'il poursuit pendant six ans. Ce qui lui permit d'approcher plusieurs personnalités politiques françaises et étrangères ainsi que des écrivains pour des entretiens (notamment Pierre Mendès-France, Michel Rocard, Michel Jobert, Hélène Carrère d'Encausse, Arthur Conte'), outre les articles et chroniques publiés régulièrement. Cette étape de son parcours, qui correspond à un élan spontané depuis l'enfance pour la lecture et l'écriture, s'enrichit en 1980 par un engagement politique auprès d'un homme d'Etat tunisien d'exception, Monsieur Mohamed Mzali qui portait alors un projet humaniste de démocratie et de progrès pour son pays. Il assure auprès de lui les fonctions de chargé de mission, d'abord au ministère de l'Education Nationale puis au premier Ministère pendant six années. Cet engagement à la fois lucide et enthousiasmé fut une expérience inédite qui lui permit de vivre durant cette période les efforts entrepris pour établir la démocratie (pluripartisme, liberté de la presse') et entamer les réformes nécessaires. Mais aussi d'observer une classe politique cynique et corrompue, traversée par les querelles marginales aux dépends de l'évolution de tout un pays et du bien être d'un peuple pacifique. Malgré l'épilogue de cette « traversée du Styx », aux côtés d'une figure marquante, il n'a jamais renié ses engagements pour les libertés. Les enseignements de cette expérience, avec ses revers mais aussi les espoirs qu'elle avait éveillés, l'avaient édifié sur la stérilité du combat politique dans des systèmes biaisés. Cependant, même si le « microcosme politique » n'a plus de sens pour lui, il n'a pas tourné le dos à une certaine éthique ni renoncer à agir. Il choisit de se retirer de cet univers détestable d'anthropophagie politicienne en regagnant l'administration comme cadre supérieur pendant dix-sept ans au cours desquels il a occupé des postes de direction. Il a exercé simultanément plusieurs activités : Conseiller Municipal élu de sa ville (1984 ' 1988), Secrétaire Général National élu ' Jeune Chambre de Tunisie (1988), Sénateur de la Jeune Chambre Internationale (Jaycees International), comme il a assuré une consultance en marketing et a enseigné le commerce international appliqué à la Faculté de Management & de Commerce International, à l'Université de Tunis III / Institut Supérieur de Gestion de Tunis. Il collabore aussi pour le compte de la Commission Européenne en tant qu'External expert pour l'évaluation des projets (EUMEDIS) dans deux domaines : commerce électronique et e-training. C'est en 2003 qu'il est contacté par le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD) pour une consultance au Koweït (un an), puis accepte une proposition de la Public Authority For Industry de ce pays comme conseiller depuis 2004 à ce jour. Sa passion pour la lecture et l'écriture ne s'est pas émoussée avec le temps, elle s'est affirmée d'abord à travers des traductions de l'arabe au français du livre « Les Courants Littéraires dans la Tunisie Contemporaine » (ATLAS Editions ' Février 1998), puis du roman « Aïcha » (Editions Bénévent- Juillet 2008), avant d'écrire son premier essai « Libertés fondamentales et modes de corruption des systèmes » aux Editions Thélès (2010).

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