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LE SONGE MASSYLE

le_songe_massyleLes principales sources de l’histoire de l’Afrique du Nord dans l’antiquité sont essentiellement gréco-romaines. Elles ont été écrites par des auteurs qui en ont fait plutôt un instrument de propagande beaucoup plus qu’un récit fidèle et impartial des faits historiques ainsi dévoyés. Les auteurs latins surtout ont contrefait la nature des liens entre les Rois Numides avec Rome et Carthage en usant abusivement de références et d’événements où le Romain a été idéalisé, le Numide et le Carthaginois dépréciés. Ces auteurs ont mis en exergue seulement les vertus de Rome à travers des personnages comme Regulus, Scipion, chargés de vertus qui, bien souvent, étaient loin de la réalité. En plus des fabulations, les grands personnages Numides étaient montrés dans une représentation à un degré moindre. Une lecture attentive de ces textes le dévoile sans équivoque. Ce roman cherche à rendre justice et à réhabiliter tous ceux des acteurs Numides qui ont façonné ou participé aux événements marquants, mais dont la valeur réelle était diminuée, les réduisant tout simplement au rang de simples figurants.

La reconstitution chronologique que j’ai tentée de recomposer pour servir de trame à ce roman fait apparaitre un autre aspect de ces errements constatés. La chronique des faits est orientée essentiellement vers ce qui se passe en Afrique du nord lorsque les Romains y sont mêlés, le temps est suspendu dans l’intervalle et ce qui se passe à Carthage et dans une large mesure en Numidie n’est évoqué qu’accessoirement dans le récit pour servir de faire-valoir aux personnages romains : généraux, sénateurs, consuls etc… Cette lacune ne peut s’expliquer que par l’incendie de la bibliothèque de Carthage en 146 av. J-C. Une pareille représentation des événements a occasionné des ruptures dans leur déroulement et dans l’enchaînement du temps engendrant des vacuités historiques impossibles à combler. Cette reconstitution chronologique a couvert une période qui s’étend de 266 av. J-C à 104 av. J-C avec l’assassinat de Yugarten dans un cachot souterrain humidede la prison du Tullianum en partie inondé, sur le Forum romain, où le bourreau lui passa un lacet autour du cou et l’étrangla.

Je me suis pris au jeu il y a bien longtemps et me suis lancé patiemment dans un travail de recherche et de documentation, débroussaillant les pistes de cette histoire passionnante et méconnue (voir bibliographie). J’ai travaillé sur les textes anciens, mais je me suis basé aussi sur des références historiques moins sujettes au doute pour ne pas commettre des erreurs au détriment de faits patents. A travers ces lectures des personnages m’apparurent dans leur grandeur et leur originalité. A partir de là, me vint l’idée de les faire revivre. Une sorte de flash-back pour les restituer dans leur époque, retrouver une période égarée et pour réhabiliter en quelque sorte la saga d’une dynastie de rois numides qu’une certaine littérature avait entaché de contre-vérités. Même A, Flaubert a commis des injustices envers les Numides et les Carthaginois dans son roman Salammbô. La tâche à laquelle je me suis attelé par intermittence était passionnante, tentant de corriger les déviances d’une littérature produite pour évanouir les peuples et les grands royaumes de la Numidie.

Ce roman historique « Le songe Massyle » essaye de reconstituer la vie aventureuse de ces hommes et de ces femmes dont on se sent et se sait les héritiers, redonner vie au passé mystérieux de cette grande tribu des Massyles et de la dynastie dont elle est issue qui avait régné durant un siècle. Une lignée qui commença avec Zilalsen qui me semble en être le fondateur et dont le présent volume lui est consacré. Puis viendra le tour des quatre Aguellides qui lui ont succédé : son fils Gaia, Micipsen, Massinissen et Yugarten.

« Le songe Massyle » aspire à transporter le lecteur vers de grands évènements qui ont façonné notre passé, en compagnie de personnages historiques réels qui ont marqué l’histoire, que je me suis enhardi à romancer et d’autres imaginer. C’est aussi un enrichissement par la redécouverte d’un pan de notre millénaire identité, guidés vers une quête de nos ancêtres à la recherche d’une mémoire individuelle et collective foisonnante.

Je l’ai écrit par passion pour remonter le temps, renouer avec les origines et revisiter cette partie de l’Histoire escamotée en tissant une trame, apportant les nécessaires correctifs et introduisant de l’imaginaire et de l’intrigue dans une vérité évanescente. Je me suis senti proche, en totale communion avec ces personnages en m’attelant avec humilité à repeindre l’histoire en rétablissant les péripéties réelles et vérifiables qui interviennent  dans le récit .

La Numidie était bien ces royaumes qui s’étendait de Tanger à Syrte en Libye subdivisée en Massylie à l’Est et la Massassylie à l’Ouest, dirigé par des Aguellides. J’ai tenu à rendre aux noms des personnages et aux lieux leur consonance originelle.

About Ribens

Diplômé de l'Institut d'Etudes Politiques de Paris (Section : Relations internationales - juin 1978), se destinait à une carrière dans la diplomatie après un stage à l'Ambassade de Tunisie à Paris. Les circonstances 'hasards et nécessités- décidèrent d'un itinéraire professionnel différent. Parallèlement à de ses études à Sciences Po-Paris et à Paris II en sciences de l'information et de la communication, il entame en 1974 une exaltante aventure de correspondant à Paris ' chroniqueur (quotidiens & hebdomadaires tunisiens) qu'il poursuit pendant six ans. Ce qui lui permit d'approcher plusieurs personnalités politiques françaises et étrangères ainsi que des écrivains pour des entretiens (notamment Pierre Mendès-France, Michel Rocard, Michel Jobert, Hélène Carrère d'Encausse, Arthur Conte'), outre les articles et chroniques publiés régulièrement. Cette étape de son parcours, qui correspond à un élan spontané depuis l'enfance pour la lecture et l'écriture, s'enrichit en 1980 par un engagement politique auprès d'un homme d'Etat tunisien d'exception, Monsieur Mohamed Mzali qui portait alors un projet humaniste de démocratie et de progrès pour son pays. Il assure auprès de lui les fonctions de chargé de mission, d'abord au ministère de l'Education Nationale puis au premier Ministère pendant six années. Cet engagement à la fois lucide et enthousiasmé fut une expérience inédite qui lui permit de vivre durant cette période les efforts entrepris pour établir la démocratie (pluripartisme, liberté de la presse') et entamer les réformes nécessaires. Mais aussi d'observer une classe politique cynique et corrompue, traversée par les querelles marginales aux dépends de l'évolution de tout un pays et du bien être d'un peuple pacifique. Malgré l'épilogue de cette « traversée du Styx », aux côtés d'une figure marquante, il n'a jamais renié ses engagements pour les libertés. Les enseignements de cette expérience, avec ses revers mais aussi les espoirs qu'elle avait éveillés, l'avaient édifié sur la stérilité du combat politique dans des systèmes biaisés. Cependant, même si le « microcosme politique » n'a plus de sens pour lui, il n'a pas tourné le dos à une certaine éthique ni renoncer à agir. Il choisit de se retirer de cet univers détestable d'anthropophagie politicienne en regagnant l'administration comme cadre supérieur pendant dix-sept ans au cours desquels il a occupé des postes de direction. Il a exercé simultanément plusieurs activités : Conseiller Municipal élu de sa ville (1984 ' 1988), Secrétaire Général National élu ' Jeune Chambre de Tunisie (1988), Sénateur de la Jeune Chambre Internationale (Jaycees International), comme il a assuré une consultance en marketing et a enseigné le commerce international appliqué à la Faculté de Management & de Commerce International, à l'Université de Tunis III / Institut Supérieur de Gestion de Tunis. Il collabore aussi pour le compte de la Commission Européenne en tant qu'External expert pour l'évaluation des projets (EUMEDIS) dans deux domaines : commerce électronique et e-training. C'est en 2003 qu'il est contacté par le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD) pour une consultance au Koweït (un an), puis accepte une proposition de la Public Authority For Industry de ce pays comme conseiller depuis 2004 à ce jour. Sa passion pour la lecture et l'écriture ne s'est pas émoussée avec le temps, elle s'est affirmée d'abord à travers des traductions de l'arabe au français du livre « Les Courants Littéraires dans la Tunisie Contemporaine » (ATLAS Editions ' Février 1998), puis du roman « Aïcha » (Editions Bénévent- Juillet 2008), avant d'écrire son premier essai « Libertés fondamentales et modes de corruption des systèmes » aux Editions Thélès (2010).

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