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« Tunisia 2020 », une éclaircie ?!

Assistons-nous aux premiers frémissements annonciateurs d’un réveil de l’économie tunisienne de sa torpeur ?

Tout Tunisien espère entrevoir la fin de la déprédation et souhaite une éclaircie, précédant une véritable amélioration, après avoir vécu dans un environnement figé durant des années, marqué par une croissance atonique, un appareil productif enrayé et un chômage chronique.

La « Conférence internationale sur l’investissement Tunisia 2020», qui s’est tenue les 29 et 30 novembre 2016, pourrait amorcer un changement de la donne économique. C’est un événement dont les préparatifs étaient bien avancés sous le précédent gouvernement, pour se tenir dans les délais fixés sous la nouvelle équipe gouvernementale et avec le même comité d’organisation.

Déjà, la présence de 2.000 participants d’une quarantaine de pays pourrait être considérée comme un signe positif. Mobiliser des soutiens, c’est excellent ! Encore faut-il engranger effectivement les flux financiers pour réaliser des projets marquants parmi les 142 proposés.

Avec ces milliards annoncés, gardons la tête froide et ne nous emballons pas outre mesure. Nous avons déjà fait l’expérience de ce que les annonces tonitruantes de Deauville, Davos et autres G7 nous miroitaient, elles n’avaient correspondu à aucune réalité, sinon à des promesses en l’air. Espérons que nos partenaires ont effectivement levé le pied sur les freins et qu’ils ont compris leur propre intérêt à soutenir la Tunisie, les ajustements pressentis à l’échelle internationale aidant !

Il va de soi qu’à la clôture de cette conférence nos soucis ne se seraient pas dissipés par un coup de baguette magique. En revenant sur terre, nous devons nous atteler à résoudre nos problèmes par nous-mêmes, à mettre en marche une bonne stratégie de suivi de la conférence, condition sine qua non pour concrétiser les promesses et traduire les engagements en actes.

Les retombées réelles de ce grand rendez-vous doivent être précisées, en sachant faire le tri entre les déclarations de principe sans effet tangible et les engagements assurés. Le gouvernement doit s’atteler sans attendre à rétablir la confiance dans l’action publique. Il doit mettre les bouchées doubles et entrer dans le vif du sujet en accélérant la promulgation des lois et des textes d’application indispensables, en veillant à créer un environnement propice.

Il s’agit de vaincre les résistances de la bureaucratie procédurière, qui entrave l’amorce des projets et leur évolution dans des délais raisonnables. Tant de projets d’investissement se trouvent pris au piège par les pressions bureaucratiques des experts ès paperasserie et  les inerties centralisatrices écrasant les initiatives. C’est là qu’il convient d’agir pour réduire la part de l’arbitraire et du copinage. La guerre contre la corruption doit être mener sans répit.

Surtout, il est grand temps de cesser le louvoiement en se penchant sérieusement sur l’élaboration, avec les partenaires sociaux et les formations politiques, d’un nouveau modèle de développement qui fait encore défaut, avec des orientations stratégiques, sur lequel s’articulera la politique de développement sur le long terme. Ce nouveau modèle de développement ne doit pas être l’expression d’un rapport de force politique. Il doit définir, dans le cadre d’une stratégie d’ensemble, les objectifs qu’il convient d’atteindre et les moyens qui permettront d’y parvenir.

Pour terminer sur une note positive, il y a lieu de se féliciter d’avoir organisé cette conférence ne serait-ce que  pour le volet promotionnel qui apporte du baume au cœur, quant à l’image de la Tunisie. Elle contribue à rompre avec les mauvaises nouvelles et donne des signaux rassurants, aussi bien aux Tunisiens qu’au monde.

Un événement de cette taille s’est déroulé sans encombre, c’est un véritable défi sur tous les plans. Après tout, même si la pêche aux milliards s’avérait en deçà des ambitions, cette fête appelée « Tunisia 2020 » représente un retour de l’espoir, en souhaitant qu’il ne soit pas fugace ! Comme le disait avec un certain humour et franchise le vice-Premier ministre pour les Affaires économiques et ministre d’État pour les investissements du Royaume hachémite de Jordanie, Jawad Anani en citant Al Moutanabi : « Si tu n’as à offrir ni cheval pur-sang ni argent, que la bonne parole te rende heureux »                                                                                                       لا خَيْلَ عِندَكَ تُهْديهَا وَلا مالُ فَليُسْعِدِ / النُّطْقُ إنْ لم تُسعِدِ الحالُ !

Au-delà de cette anecdote, il faut, à tout prix, trouver une éclaircie dans un ciel social nuageux. En sortant leur calculette, les éminentes matières grises de l’écurie gouvernementale seraient mieux inspirées de nous démontrer aussi que les bonnes causes ne doivent pas être toujours éphémères.

About Ribens

Diplômé de l'Institut d'Etudes Politiques de Paris (Section : Relations internationales - juin 1978), se destinait à une carrière dans la diplomatie après un stage à l'Ambassade de Tunisie à Paris. Les circonstances 'hasards et nécessités- décidèrent d'un itinéraire professionnel différent. Parallèlement à de ses études à Sciences Po-Paris et à Paris II en sciences de l'information et de la communication, il entame en 1974 une exaltante aventure de correspondant à Paris ' chroniqueur (quotidiens & hebdomadaires tunisiens) qu'il poursuit pendant six ans. Ce qui lui permit d'approcher plusieurs personnalités politiques françaises et étrangères ainsi que des écrivains pour des entretiens (notamment Pierre Mendès-France, Michel Rocard, Michel Jobert, Hélène Carrère d'Encausse, Arthur Conte'), outre les articles et chroniques publiés régulièrement. Cette étape de son parcours, qui correspond à un élan spontané depuis l'enfance pour la lecture et l'écriture, s'enrichit en 1980 par un engagement politique auprès d'un homme d'Etat tunisien d'exception, Monsieur Mohamed Mzali qui portait alors un projet humaniste de démocratie et de progrès pour son pays. Il assure auprès de lui les fonctions de chargé de mission, d'abord au ministère de l'Education Nationale puis au premier Ministère pendant six années. Cet engagement à la fois lucide et enthousiasmé fut une expérience inédite qui lui permit de vivre durant cette période les efforts entrepris pour établir la démocratie (pluripartisme, liberté de la presse') et entamer les réformes nécessaires. Mais aussi d'observer une classe politique cynique et corrompue, traversée par les querelles marginales aux dépends de l'évolution de tout un pays et du bien être d'un peuple pacifique. Malgré l'épilogue de cette « traversée du Styx », aux côtés d'une figure marquante, il n'a jamais renié ses engagements pour les libertés. Les enseignements de cette expérience, avec ses revers mais aussi les espoirs qu'elle avait éveillés, l'avaient édifié sur la stérilité du combat politique dans des systèmes biaisés. Cependant, même si le « microcosme politique » n'a plus de sens pour lui, il n'a pas tourné le dos à une certaine éthique ni renoncer à agir. Il choisit de se retirer de cet univers détestable d'anthropophagie politicienne en regagnant l'administration comme cadre supérieur pendant dix-sept ans au cours desquels il a occupé des postes de direction. Il a exercé simultanément plusieurs activités : Conseiller Municipal élu de sa ville (1984 ' 1988), Secrétaire Général National élu ' Jeune Chambre de Tunisie (1988), Sénateur de la Jeune Chambre Internationale (Jaycees International), comme il a assuré une consultance en marketing et a enseigné le commerce international appliqué à la Faculté de Management & de Commerce International, à l'Université de Tunis III / Institut Supérieur de Gestion de Tunis. Il collabore aussi pour le compte de la Commission Européenne en tant qu'External expert pour l'évaluation des projets (EUMEDIS) dans deux domaines : commerce électronique et e-training. C'est en 2003 qu'il est contacté par le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD) pour une consultance au Koweït (un an), puis accepte une proposition de la Public Authority For Industry de ce pays comme conseiller depuis 2004 à ce jour. Sa passion pour la lecture et l'écriture ne s'est pas émoussée avec le temps, elle s'est affirmée d'abord à travers des traductions de l'arabe au français du livre « Les Courants Littéraires dans la Tunisie Contemporaine » (ATLAS Editions ' Février 1998), puis du roman « Aïcha » (Editions Bénévent- Juillet 2008), avant d'écrire son premier essai « Libertés fondamentales et modes de corruption des systèmes » aux Editions Thélès (2010).

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