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Attention au blanchiment des mercenaires de la terreur

« La piété, ce n’est pas se montrer la tête voilée et, tournée vers une pierre, s’approcher de tous les autels, ni se prosterner à terre, tendre ses mains ouvertes devant les temples des dieux, inonder leurs autels du sang des animaux,  enchaîner les prières aux prières. La piété, c’est regarder toute chose avec sérénité ».                                                                                                

Lucrèce, De la nature, Livre V.

Cette controverse sur le refluement des mercenaires du terrorisme nous restitue telle quelle la querelle théologico-politique qu’on espérait avoir enterrée définitivement avec l’extirpation de la Troïka, l’extraction de la Constitution par forceps et le congrès affabulatoire d’Ennahdha. L’attitude de cette mouvance et les déclarations de ses mentors sont condensées à travers une utilisation erronée d’un vieil adage tunisien puisé dans le jargon des bouchers « si la viande viendrait à s’avarier, c’est aux siens de s’en charger » !

En fait, les islamistes se dénoncent à leur corps défendant, en se démenant de la sorte pour justifier leur détermination à imposer la réintégration de leurs créatures faisandées. Une autre maxime illustre parfaitement leur posture : le suspect manqua de dire saisissez-vous de moi (كاد المريب أن يقول خذوني), et une conscience coupable n’a pas besoin d’accusateur.

Il n’y a pas plus pernicieux pour une société que de se focaliser sur le futile, l’insignifiant ou le marginal en négligeant le vital, ce qui menace fondamentalement sa survie même. Nous sommes bien confrontés à un projet dérivé d’une « volonté perverse », explicable à partir de mobiles politiques intelligibles, qui est en marche pour mettre en place et actionner la machinerie totalitaire, rendant l’être humain tunisien superflu. C’est une idéologie délirante et paranoïaque qui tente de s’emparer du citoyen tout entier et qui veut régir la société dans sa totalité.

Une telle « idéologie » (au sens de H. Arendt) ne capte pas la violence et ne l’agite pas en filigrane pour la canaliser, l’encadrer, voire  la banaliser. Tout au contraire, elle diffuse une violence subliminale pour asseoir sa puissance. Elle est totalitaire car elle ne dissocie pas politique et religion mais prétend  – à l’opposé – dériver un dessein « politique » de la religion.  Ennahdha, telle qu’elle demeure, hypothèque tout espoir d’avancer vers cette Tunisie nouvelle tant rêvée par ses enfants.

Il est capital d’alerter pour la énième fois sur le fait que nous sommes confrontés à une idéologie totalitaire, une perversion qui prend l’accoutrement de l’Islam pour mieux gruger les niais et les idiots utiles. Les contortionements sémantiques des différents phraseurs d’Ennahdha sur le sujet de l’heure mettent à nu, s’il en était encore besoin, leur posture foncièrement corrosive à l’égard de ce pays, Etat et société.

Il est grand temps de renoncer à cette illusion d’un islam politique pacifié, tunisifié, émancipé. Les six dernières années ont été jalonnées de « faits d’armes » qui confirment à chaque fois l’obstination et l’opiniâtreté des partisans de cette cinquième colonne, bien singulière, à inoculer leur projet mortel à doses homéopathiques.

Tout ce qui est indispensable à la rénovation et au décollage est actuellement bloqué. Il y aurait comme un chantage qui est insinué : « Laissez-nous vous asphyxier gentiment, nous emparer du pays, sinon nous avons les moyens de mettre la Tunisie à feu et à sang ». Certains dirigeants, et pas des moindres sont captifs de cette vision apocalyptique et sont comme pétrifiés, paralysés face à une ignoble duperie.

La panacée de l’entente, de la concorde, de l’accommodement ou du compromis… s’est révélée être un piège fatal. On a le sentiment que nos décideurs, submergés d’autosuffisance et saturés d’assurance, foncent dans le mur avec une belle inconscience et un aveuglement partagé. L’intelligence stratégique est probablement tombée en panne, on nous conduirait joyeusement à l’abattoir « hallal » tout en sifflotant. Ne dit-on pas que la bêtise est l’erreur qui insiste ?

Notre devoir, nous Tunisiens, n’est-il pas « nuire à la bêtise », selon Nietzsche, pour traquer l’erreur stratégique, la débusquer, rivetées qu’elle est au soi-disant socle du bon sens et se déclinant en différentes formes de catastrophes.

Nos gouvernants avaient l’air juste après les élections présidentielles et législatives de savoir où ils allaient. Seulement l’air ! En fait, nous nous sommes rendus compte qu’ils fonctionnent sur le mode de la pensée tautologique : « Nous nous comprenons » diraient-ils. Sauf que l’essentiel n’est pas qu’ils se comprennent mais que les Tunisiens les comprennent. Raymond Aron dirait que la bêtise et l’ignorance sont les deux moteurs de l’histoire ! En fait, il y a une bêtise qui croit savoir, bien plus redoutable que l’ignorance qui ne sait pas.

Alors, chers monuments de la politique, sauveurs impénitents du pays, sachez optimiser cette opération de blanchiment-recyclage des mercenaires de la terreur, ourdie par qui vous savez, pour dépoussiérer les dossiers qui incriminent leurs gourous-enrôleurs. Libérez le pays de cette hypothèque, vous en avez les moyens, il ne vous manque que le courage.

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